Présentation

L’invention des formes de représentation à l’ère de la mondialisation

Ce programme a pour objet la création d’un échange interdisciplinaire et intergénérationnel entre l’exercice de la recherche et les pratiques artistiques sur la question de l’invention des formes de représentation à l’ère de la mondialisation. Sa première intention est de questionner la démarche conventionnelle de production de connaissances qui, dans l’ensemble, marginalise les arts, en leur qualité heuristique, dans les sciences sociales et les humanités. L’idée principale est de susciter des débats dans le cadre d’une collaboration entre les artistes et le monde académique. Nous rechercherons des réponses artistiques et intellectuelles aux tensions qui émergent dans le sillage de la mondialisation contemporaine.

Dans un tel contexte de mondialisation, où les biens et les personnes interagissent entre eux, artistes et intellectuels partagent le besoin d’élucider les contradictions de notre monde afin de mieux représenter et expliquer les nouveaux liens naissant entre les personnes et les objets. Ils s’accordent également sur la nécessité de sortir du confort intellectuel afin d’énoncer des propositions théoriques et méthodologiques inédites. Notre objectif est d’initier une collaboration entre le monde universitaire et les divers mouvements artistiques actifs en France et à l’étranger, avec pour ambition de discuter les méthodes et les discours académiques traditionnels à travers des échanges sur les thèmes des identités, des entités collectives, des individus, de la mobilité, du rôle social de l’argent et des sens du beau. Nous sommes particulièrement intéressés par les questions associées aux fractures émergeant de l’expansion occidentale et des formes d’opposition qu’elle rencontre à travers le monde. Notre hypothèse est qu’à la faveur de la mondialisation ces points d’interactions humaines prennent des formes inédites, dont l’exploration est propre à nourrir une (re)connaissance du nouveau monde qui s’invente sous nos yeux.

Les créations artistiques, en tant qu’ « idées » et/ou « objets » à travers lesquels « le réel » est imaginé, représenté, reproduit, projeté, décrit, exploré, testé, éprouvé, etc., devraient jouer un rôle essentiel dans la (re)production des sociétés contemporaines et par conséquent, être à l’avenir plus centrales dans les pratiques académiques. La réflexion sur les formes sera considérée comme un outil minutieux d’interprétation dans la construction d’un système d’analyse, d’abstraction et de collection de données dans la recherche universitaire et l’enseignement.