Résidences

Résidents 2017

« Concrete Mirror » est une résidence d’art et de recherche conçue dans le cadre du projet « L’invention des formes de représentation à l’ère de la mondialisation ».

 

L’art est de plus en plus considéré comme le lieu de l’imminence ; selon Néstor García Canclini, il est « l’endroit où on aperçoit des choses qui sont sur le point de se produire ». Si, en effet, nous croyons que cela est vrai, quel pourrait être le potentiel d’une enquête de recherche située dans les interstices de l’art contemporain et de la pratique des sciences sociales? Comment une telle quête pourrait t’elle advenir dans ce qui se trouve juste au-dessus de l’horizon? De septembre à décembre 2017, l’EHESS et la Cité internationale des Arts de Paris accueillent une résidence d’art et de recherche où un anthropologue et un artiste mettront à l’épreuve le potentiel d’une telle collaboration, conçue comme une intersection productive de ces différents processus de recherche.

 

Le projet « Concrete Mirror »

Les lauréats de la session 2017, Alex Flynn, anthropologue et commissaire d’exposition, et Noara Quintana, artiste plasticienne, travailleront sur le projet «CONCRETE MIRROR» en association avec la diaspora brésilienne de Paris afin d’examiner comment les subjectivités et les interventions esthétiques se conjuguent pour prendre forme, contextualisées par la mondialisation, l’immigration et les changements politiques radicaux. À travers un programme d’activité basé sur un travail de terrain ethnographique, qui inclut des dialogues, des workshops et une installation, le projet cherche à créer une métaphore exprimant les modes distincts dans lesquels la forme est acquise, conquise, contre le mouvement qui cherche à l’immobiliser. En oscillant entre la flexibilité et la sédimentation, la France et le Brésil, l’anthropologie et l’art contemporain, le projet crée ainsi un dialogue horizontal intense entre des processus de recherche partageant des similitudes tout en restant conscients des singularités importantes qui les opposent.

En considérant trois domaines de création, le programme de séminaires place les praticiens des arts et des sciences sociales en situation de dialogue, en particulier sur les questions relatives aux histoires passées sous silence, à l’appartenance autochtone, à la décolonialité, et aux relations entre esthétique et politique. Il s’intéressera aux domaines suivants :

  • Un intérêt particulier est porté sur la façon dont le discours sur ces sujets peut être rendu plastique ou autrement concrétisé, et comment et où la production de connaissances peut se produire, ou être reconfigurée, à travers des expositions (non) matérielles.
  •  Un deuxième domaine de production développe un intérêt pour les questions du Sud Global et tente de s’éloigner de l’objectivation des participants à la recherche, en s’engageant dans un processus de co-création de sens avec des acteurs de la diaspora brésilienne. Noara et Alex convieront les membres de la communauté brésilienne à participer à des ateliers de sculpture collaboratives au sein de la Cité.
  •  Les résultats de ces rencontres seront ensuite réfléchis sur le troisième domaine de production, l’exposition.

En travaillant constamment entre les éléments processuels de l’anthropologie et la recherche sur l’art contemporain, le projet dépasse l’art comme accessoire méthodologique ou illustratif pour les sciences sociales, et engage plutôt les genres particuliers de savoir et d’éthique proposés par l’art contemporain.

 

Les lauréats

Alex Flynn est anthropologue de l’Université de Durham, Royaume-Uni. Ses recherches portent sur l’art contemporain et la mobilisation sociale au Brésil, en particulier sur la production de connaissance, les interventions artistiques à connotation activiste et les horizons utopique. Alex est l’auteur des livres «Anthropology, Theatre and Development» (Palgrave, 2015) avec Jonas Tinius et «Claire Fontaine: em vista de uma prática ready-made» avec Leonardo Araujo, et est le co-fondateur du network Anthropologies of Art [A / A], une plateforme qui cherche à développer les perspectives contemporaines sur les interstices qu’offrent les domaines de l’art et l’anthropologie. Alex est également lauréat du trophée APCA 2016 de l’Association de Critique de l’Art de São Paulo pour son travail de commissaire à la Residência Artística Cambridge.

Noara Quintana est artiste visuelle brésilienne basée à São Paulo et à Berlin. À travers la pratique de la sculpture, de l’intervention et de la vidéo, son travail cherche à étudier la (dé)construction de paysages et à explorer le territoire frontalier situé entre la géométrie, la poétique et la politique. Elle est titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Universidade Estadual Paulista de São Paulo, au Brésil, et elle a exposé au Museu de Artes de Ribeirão Preto, à la Galeria Gentil Carioca à Rio de Janeir,o et au Museu de Artes de Anápolis. Son projet de recherche le plus récent «Forma sob resistência» travaille les degrés variables d’inflexibilité et de plasticité de certains objets et matérialités ce qui génère un jeu symbolique entre les notions de liberté et conservatisme, entre mouvement et sédimentation. Cette recherche fait allusion à la situation politique actuelle du Brésil et aux menaces émergentes qui pèsent sur la démocratie à l’échelle mondiale. Elle a eu l’occasion d’exprimer cette perspective dans des résidences artistiques à BetOnest et à GlogauAir, respectivement en Brandebourg et à Berlin.

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